Une piscine dans le désert, Diane Mazloum, JC Lattès

Aujourd’hui, j’écris quelques mots avec beaucoup d’émotion et du coup sans doute un peu de fébrilité d’un livre qui (et qui continue de) m’a touché en plein cœur. Une littérature qui vous happe les tripes et vous atteint dans vos recoins les plus intimes.

« Une piscine dans le désert » de Diane Mazloum vous embarque au Liban, dans une zone reculée frontalière de deux autres pays, un village dans « l’oeil du cyclone », bordé de chaînes montagneuses et rythmé par les bombardements lointains des affrontements voisins. Dans un bout de terre où une piscine, « carré de lagune illuminé », illégalement construite, cristallise les rêves et les attentes de personnages perdus.
Il y a beaucoup dans ce roman bouleversant.
Il y a la violence sourde et injuste qui laboure les êtres, les actes d’inconscience qui sont aussi des actes de résistance.
Il y a la sensualité et les désirs si refoulés qu’ils explosent, et l’appel puissant des racines et de la terre, la quête de soi, de son identité.
Et puis la plume de Diane Mazloum, déjà enchanteresse avec « Beyrouth la nuit » et « L’Âge d’or », qui cisèle là un roman intimiste et universel.

Paru le 19 août 2020, 19€

« La piscine la ramenait au temps de son enfance, des grandes vacances d’été, à l’insouciance des journées passées à jouer jusqu’au soir. Elle la connectait à des souvenirs heureux, aussi rassurants que pouvait l’être un volume de liquide aux doux reflets scintillants bien contenu dans une boîte carrelée de bleu, aux angles parfaitement polis, et dont l’eau, ni trop froide ni trop tiède, enveloppait entièrement le corps d’une caresse soyeuse et rafraîchissante. »

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